Foll-ie ambiante

L’image est bien choisie. L’homme remet sa veste, le regard porte sur la droite, les lèvres serrées, l’air sérieux, fort et déterminé. Le bouton de manchette ouvert témoigne d’un homme qui n’a pas peur de retrousser ses manches, de se mettre au turbin avant d’enfiler de nouveau son habit de scène, celui de l’homme d’expérience, qui a obtenu, lui, un costard en travaillant, comme pour faire écho a d’anciens propos de notre très (trop) surestime président. Le tout servi joliment par Libération, qui nous avait habitué à mieux.

Libé, version Le Foll

La couleur est annoncée fort rapidement, Stéphane le Foll n’est pas du genre à perdre son temps en tergiversations oiseuses. « Je suis là pour agir, » déclare-t-il. On imagine bien le ton, rauque et grondant, de l’ancien ministre de l’agriculture. L’action, pour Stéphane le Foll, passe par des « assises du socialisme », un concept flou, plus proche de la masturbation intellectuelle avec pince à épiler que de la Seconde Internationale. Voyez-vous, cher-e-s camarades, nous préparons le congrès d’Aubervilliers, pas celui de Paris. A chacun sa version cheap. Entre deux phrases crasseuses bourrées de lieux aussi communs que Chatelet un samedi midi, Stéphane le Foll, dont le nom ne laisse rien présager sur ses métabolismes neuronaux intrinsèques, nous enseigne que « le PS doit reprendre confiance en lui. » Il est vrai qu’avec a peine plus de 6% aux dernières élections, avec un parti désorganisé et désolidarisé du candidat Benoit Hamon, il semble parfaitement logique et rationnel que le parti ait plus de problèmes d’ego que Poil de Carotte devant sa mère.
Peu enclin a la langue de bois, notre cher ancien porte-parole ose dire la vérité vraie, véritable, et avérée (mais aussi véridique et exacte !) : « nos mots sont uses ». A force de les employer, nos sophismes aussi, et les couleuvres que les militant-e-s ont ingurgite de force ces dernières années commencent à être surannées. Sa sincérité et sa modestie sont tout a son honneur, lui qui estime que sa notoriété et son expérience permettront au parti de se redresser. Passons rapidement sur ces paroles élégantes, et tentons de ne pas nous perdre en interprétations freudiennes trop hâtives.

« La loyauté fait partie de nos valeurs socialistes. On ne peut pas tout le temps accepter les trahisons. La loyauté, c’est une condition sine qua non de la réussite collective. »
Il est vrai que notre ancien ministre brille par son exemplarité et sa loyauté légendaires. Entendons, par cet adjectif, ce « qui n’existe que dans les légendes ou dans la fiction. »
Oublié, son soutien conditionnel à Benoit Hamon lors de la campagne de 2017, malgré la légitimité obtenue par le résultat des primaires. Oublié, son tropisme macroniste, pour ce parangon de la loyauté socialiste. Mais passons, cela n’est que petitesses et mesquineries. L’ancien ministre, qui, dès mai dernier affirmait vouloir « participer à la réussite [du] quinquennat [de Macron] » est loyal. Non pas la réussite pour le peuple, mais celle du gouvernement. Lorsqu’un ventre mou parle d’être « constructif », il entend vraiment « ne pas s’opposer ». L’opposition, la critique argumentée, tout cela n’est pas constructif. Piketty et ses 1000 pages ? Un vilain provocateur. La loyauté de le Foll est avant tout dans les personnes, et non dans les idées. Accordons sur un point. « On ne peut pas tout le temps accepter les trahisons, » déclare-t-il, après n’avoir pas fait campagne comme son adhésion au parti l’y obligeait pourtant, après avoir défendu bec et ongles un gouvernement dont le penchant libéral a mené directement le parti a perdre sa « confiance en lui » et qui est allé jusqu’à trahir les idéaux d’écologie dont lui-même, alors ministre de l’agriculture, se prétendait le chantre.

L’écologie est d’ailleurs au cœur de son programme. Un aéroport, qu’est-ce donc face au sujet global ? lâche-t-il finalement. Il est vrai que notre brillant camarade s’y connait en écologie. Ministre de l’agriculture, il fit s’empressa d’exhorter les député-e-de ne pas voter en faveur d’une interdiction des pesticides aux néonicotinoïdes, de belles saloperies écologiques (et je pèse mes mots). Il serait un peu inélégant de ne pas rappeler les autres faits d’armes de notre inénarrable camarade. D’ailleurs, il reconnait lui-même son expérience dans le domaine. Mentionnons ainsi, en passant, la rupture de sa promesse d’interdire les dérogations accordées aux agriculteurs pour l’épandage aérien, si ce dernier présente un avantage économique pour l’agriculteur-trice. Et puis merde si les abeilles meurent, avec la montée du végétalisme, qui mange encore du miel ? Bourreau d’insectes !
Enfin, nous pourrions citer son appui fort auprès des instances européennes, avec l’Italie en tête, de reprendre les subventions à la culture du tabac. Et ceci, camarades, malgré la réticence de Dacian Cioloș, commissaire européen à l’Agriculture et au Développement rural, et des efforts du l’UE pour combattre le tabagisme. Mais ne nous arrêtons pas sur ces considérations vulgaires. Après tout, qui se soucie de l’écologie ? C’est un sujet global, vous dit-on.

Pas de trahisons, non plus, sur l’idéologie : peut-on vraiment reprocher à un homme qui juge que la déchéance de nationalité, « c’était une bonne décision » d’être en désaccord avec les idéaux socialistes ? Christiane Taubira, bien connue pour être une femme de droite, démissionnera en janvier 2016 suite a ce débat ignoble, qui aura fait débuter l’hémorragie militante du parti.
L’on pourrait encore passer des heures à rire sous cape des contre-vérités énoncées, sans rougir, sur le port du voile, non sujet s’il en est, mais tellement démagogique. Nous pourrions continuer à rouler des yeux cinq fois dans nos orbites jusqu’à créer un vortex infernal en voyant ses effets de manche pour tenter de reprendre le revenu universel défendu par Benoit Hamon sans accepter de le reconnaitre – et ainsi de se tromper sur la nature réelle du RU (mais peut-être l’aurait-il mieux su s’il avait fait campagne ?) Nous pourrions enfin soupirer à la seule phrase possiblement honnête de tout l’entretien, celle ou l’ancien porte-parole déclare qu’il n’y a, finalement, que peu de différence entre Olivier Faure et lui-même, sinon « l’expérience et l’incarnation. » Ajoutons a cela de belles chevilles bien enflées.

En définitive, Stéphane le Foll nous a ressorti les parfaits couplets des anciens hollandais et autre ventre mous du parti. Pas de décision cinglante, pas d’axe idéologique majeur, surtout pas de vague, en rester au maximum au statu quo, quitte à être dans un suivisme beat d’Emmanuel Macron. On nous propose, entre le Foll 2.0 et le Foll version débutant (i.e. Olivier Faure, suivez, un peu !) un socialisme de pacotille, qui passera son temps à tenter de colmater d’une main les brèches énormes qu’elle laisse passer de l’autre. Martine Aubry, ancienne figure trop taiseuse durant le dernier quinquennat, et ayant adoube le Foll pitchoune, a d’ailleurs, dans cette parfaite continuité d’inaction criante, affirme que « rose pale, c’était pas mal ». « [Le Parti Socialiste] s’est tue tout seul, et dans le précédent quinquennat, » lâche-t-elle d’ailleurs.

Et l’on voudrait poursuivre avec des héritiers du hollandisme ?

Ite, missa est.

Macron et Fake News : Urbi et Orbán

Comme un air de famille néo-libéral à tendance « mainmise sur les médias »

 

En 1988, le 30 mars, Viktor Orbán, alors âgé de 24 ans, participe au groupe Fiatal Demokraták Szövetsége (« Alliance des jeunes démocrates »), dont l’acronyme est le bien connu Fidesz. Ce mouvement de jeunesse s’opposait alors au parti unique et se définissait comme « libéral, radical et alternatif ». Jeune radical de son époque, Viktor Orbán gagnera une reconnaissance étendue lors de son discours de Juin 1989 lors du réenterrement de l’ancien Président du Conseil des ministres de Hongrie Imre Nagy, dirigeant de la révolution hongroise de 1956, lors duquel il appellera à des élections libres et au retrait des troupes soviétiques hors de Hongrie.

Suite à cela, Viktor Orbán participera aux négociations avec le pouvoir communiste en place, jusqu’à leur retrait effectif au milieu de l’année 1991. Il sera ensuite élu à l’Assemblée Nationale de Hongrie aux élections de 1990, avant de prendre la tête du parti Fidesz en 1993. Cependant, en raison du faible nombre de sièges obtenus à l’Assemblée, ainsi que le déclin progressif du parti aux élections de 1994, Viktor Orbán élargira son électorat du centre droit à la droite du centre. Suite à cette extension de son électorat, Orbán raflera les élections de 1998 en obtenant la majorité des sièges, et formera un gouvernement de coalition avec deux autres partis conservateurs dont il sera le Premier Ministre.

 

Après son remplacement en tant que Premier Ministre en 2002 au profit du MSzP (Parti Socialiste Hongrois), il deviendra vice-président du PPE (Parti Populaire Européen) et reviendra à la tête du Fidesz en 2003. Après plusieurs revers aux élections suivantes en 2006, il fut finalement réélu Premier Ministre en Avril 2010 suite a la victoire éclatante du Fidesz aux élections parlementaires. Fort de sa supermajorité au Parlement, il fera passer, en 2010, une loi sur les médias fortement controversée, stipulant que des médias qui produiraient des contenus non « équilibrés politiquement » ou « entravant la dignité humaine » seraient soumis a de fortes amendes. [1] Peu surprenant, les 5 membres de l’autorité chargée de faire veiller au respect de cette loi étaient tous issus du Fidesz, parti du Premier Ministre. Suite à la pression européenne et onusienne, [2] le gouvernement amende de manière un peu laconique la loi pour faire disparaitre la notion d’outrage. [3] Par la suite, une série de mesures législatives furent votées et finirent par déboucher, le 1er janvier 2012, sur une nouvelle constitution aux forts relents de moralité conservatrice et empreinte de religiosité. [4] La Constitution fut la cible de protestation profondes de l’étranger, notamment en provenance du Conseil de l’Europe qui interrogeait alors les réformes judiciaires qui entravaient l’indépendance des cours de justice, provoquant une fois de plus l’inquiétude des partenaires européens.

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Effectuons, si vous le désirez, un saut dans le temps et l’espace de quelques années et milliers de kilomètres, pour nous intéresser aux années 2016-2017, dans un autre pays, la France.

Encore quasiment inconnu en 2014, le gain de notoriété d’Emmanuel Macron, entre 2014 et 2015, est jugé exceptionnel par Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’IFOP. [5] Ce n’est véritablement qu’a partir du 6 avril 2016 où, suite au lancement du mouvement politique autocentré En Marche, qu’il prend d’assaut les médias, télévisuels, radiophoniques et écrits, et devient véritablement omniprésent. [6] Ce regain de visibilité et d’omniprésence est alors suivi d’un contrecoup de perte de popularité graduel, allant jusqu’à son plus bas en juin 2016 [7] suite à une altercation suintante de mépris face à des syndicalistes à Lunel.
Peu importe ! Le monde médiatique – la presse, de prime abord – lui apportera son soutien indéfectible, jusqu’à exprimer clairement leur soutien au Ministre, alors en mauvaise passe populaire.
[8] Bien que candidat non encore confirmé – secret de polichinelle après la création du mouvement narcissique à ses initiales – la presse ne tarit pas d’éloges pour le candidat qu’elle a déjà choisi : la campagne a commencé, un an par avance. [9] Porté par des médias en proie à l’adulation forcenée, et un peu maladive, [10] Macron deviendra le candidat des médias [11] présente comme seul véritable vainqueur possible face à une possible vague brune. [12]

 

– Vous savez au moins qu’il vous faut tenir compte des médias, et puis, de temps à autre, de ce que disent et pensent effectivement les gens. Enfin, de ce qu’on leur permet de dire sur une grille préétablie de sondage et de penser à partir du vomi culturel que vous servez pour soupe chaude à leur appétit de comprendre.
– Vous forcez le trait.
– Je ne le force pas, je le décoche. Où en est l’éducation du peuple aujourd’hui ? Qu’en avez-vous donc fait ? Y en a-t-il encore en stock ? Je vais vous le dire : vous ne cherchez plus à élever des hommes, mais à former des câbles supraconductifs pour votre réseau informatique – appelez-le ville, appelez-le société ! La formation permanente, voilà votre première et dernière ambition. A l’école, au bureau, sur les trottoirs, devant la télé : former ! Toujours former ! Former les corps ! Former les cervelles comme des noyaux durs ! Pour y graver dessus vos modèles mortuaires et vos mots d’ordre !

Alain Damasio, La Zone du Dehors, La Volte, 2011

 

Ainsi pétri par un ensemble médiatique fort, Emmanuel Macron a, le 3 janvier 2018, annoncé qu’il ferait passer une loi pour contrer les « Fake News » en période de campagne présidentielle. Parlons bien, parlons français : on appelle cela « fausses nouvelles », « informations mensongères » ou encore « gros foutage de gueule ».
Par exemple, annoncer en septembre 2016 que seul Emmanuel Macron serait capable de vaincre Marine Le Pen, alors que l’on a, finalement, avoué deux semaines avant le premier tour des élections de 2017, que tou-te-s les autres candidat-e-s, peu ou prou, auraient eu la même victoire, cela relève-t-il de la fèque niouze ?

Que l’on s’entende. Les Sputnik, RT News, Fox News, Daily Mail et consorts sont colporteurs d’une idéologie rance (conservatisme, nationalisme, racisme, économie de marche sans protection, j’en passe et des meilleures) et visent à influer sur l’opinion publique de manière non masquée, tentant de masquer les mains qui les dirigent (Poutine, Murdoch…) derrière un visage de respectabilité. Ainsi, leurs nouvelles sont, par définition, suspectes et politiquement orientées. Malheureusement, l’ascension d’Emmanuel Macron fut, elle aussi, aidée par des journaux fort complaisants : les copropriétaires du Monde, Xavier Niel et Pierre Bergé, ainsi que l’ancien propriétaire du Nouvel Observateur, Claude Perdriel, lui avaient déclaré leur(s) flamme(s). [13] A cela s’ajoutant la fascination de revues comme l’Obs, l’Express, Marianne… et la macro-compatibilité du libéralisme affirme de l’alors candidat Macron, et l’on comprendra le manque de pugnacité des Dassault, Arnault, Pinault, Lagardère, Bolloré et Drahi face à ce candidat.

Ainsi, l’annonce par le président actuel de vouloir légiférer contre ces fayke nihouse ne prête pas ni sourire ni à être pris à la légère. Selon quel(s) critère(s) va-t-on décider de ce qui est vrai ou faux ? En jugeant l’ineffable incapacité de nos médias en termes d’autocritique, ne peut-on pas s’interroger sur la direction que prend une telle décision ?
Glen Greenwald, le journaliste à l’origine des révélations d’Edward Snowden sur la NSA, a très justement critiqué l’annonce, jugeant que l’expression, à l’origine une formule rhétorique, ne répondait à aucune définition, et avait d’ailleurs été reprise par Trump pour attaquer le journalisme qui critiquait alors son action. Employer un terme sans définition est une propagande, d’après Greenwald, à très juste titre.

A vouloir ainsi contrôler certains sites internet, le président actuel ne voudrait-il pas suivre son homologue américain et contourner la législation européenne sur la neutralité du net ?

Revenons aux premiers paragraphes sur le Premier Ministre hongrois. Revoir son origine libérale de centre droit. Revoir les points communs avec Emmanuel Macron. Voir l’état de la Hongrie.
Analyser.
Conclure. [14]

Post-scriptum : Selon le principe des Phayques Nyou Zeux, s’interroger sur le sort des nouvelles et annonces suivantes :

  • Les SDF sont encore dans la rue car ils-elles refusent d’être logé-e-s ;
  • Les chômeur-se-s passent leur temps aux Bahamas ;
  • Les Français-e-s paieront moins d’impôts en 2018 ;
  • « Flexibiliser » le marché du travail permettra de relancer l’économie ;
  • Alléger les impôts des plus aisé-e-s va enrichir le pays ;
  • Le cancer du pays, c’est l’assistanat.

 

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[1] A lire sur le Monde de l’époque
[2] Dans Le Figaro d’alors
[3] Comme on peut le voir ici
[4] Source
[5] Cité par François-Xavier Bourmaud dans Macron : L’invité surprise, L’Archipel, 2017
[7] Chronologiquement : ici, ici aussi, et enfin encore ceci
[8] Regardons un peu ce qu’en disaient déjà Acrimed et Libé
[9] J’entends déjà les critiques pointer que nous sommes violemment anti-macronistes. Que nenni ! Nous observons et recoupons nos observations et analyses, en regardant par exemple les excellents dossiers d’Acrimed
[10] Encore une fois, il suffit de regarder les faits tels qu’ils sont : comme ici ou encore là
[11] Citons à l’écart l’excellent Daniel Schneidermann qui, dans Libération, signa une tribune éclatante : « Pas de programme ? Mais enfin, pourquoi, donc un programme ? Ses discours scintillants de vacuité pourraient avoir été écrits par le maire de Champignac, dans Spirou ? Mais il les prononce si bien. »
[12] Par exemple et cela aussi
[13] Jugeons donc sur pièce : numéro 1 et numéro 2
[14] Peut-être sommes-nous trop pessimistes, mais s’il y a une chose à ne pas sous-estimer est la capacité humaine de renoncement.

Loi « Quelle Connerie » – exégèse

 

En tant que socialiste, signataire de la Motion B, il est assez surprenant de constater ce que l’on pourrait appeler la plus belle escroquerie que le gouvernement cherche à nous faire passer. Oubliée, la réforme Piketty (qui, pourtant, n’était pas la révolution marxiste que d’aucuns ont voulu nous faire croire), virage à tribord toute pour, au final, tromper notre électorat et donc le peuple tout entier.

Rien de moins, oui, j’assume et vais développer plus avant.

 

Calmons-nous et travaillons dur !

Calmons-nous et travaillons dur !

 

Tout d’abord, il est honteusement faux de penser que le code du travail serait trop complexe et une « simplification » serait donc nécessaire. L’exemple que l’on prend (trop) souvent comme parangon de la force d’emploi et de faible chômage, à savoir l’Allemagne, n’a rien à nous envier. S’il n’y existe en effet pas de texte similaire à notre Code, la compilation de textes réglementaires en Arbeitsrechts-Handbuch : Systematische Darstellung und Nachschlagewerk für die Praxis, qui fait, excusez du peu, quelques 3030 pages – très similaire au nôtre. L’excuse de la simplification n’est donc que poudre aux yeux. Pour Philippe Askenazy, le code est surtout obèse car il est « encombré de centaines d’articles qui n’ont aucune conséquence pour les employeurs et les salariés. » (source : L’insoutenable légèreté du code du travail, Le Monde, 1er Septembre 2015) Il s’agit donc plus d’un problème de forme que de fond. De manière parallèle, Alain Supiot a fait remarquer que le code du commerce est tout aussi volumineux que le code du travail, mais n’est jamais accuser d’entraver la bonne marche des entreprises, de manière surprenante. (source : Non, le code du travail n’est pas le problème ! , Le Monde , 14 octobre 2014)

L’on va alors dire que notre Code est trop strict et empêche l’embauche. Cependant, les politiques menées depuis plus de 30 ans, et en particulier celles qui ont été mises en œuvre ces deux dernières années, d’inspiration ouvertement libérale (notre Premier Ministre, ainsi, ne cache pas être « social-libéral » affirmant ainsi le virage à droite entrepris il y a quelques années déjà par le Parti) n’ont pas eu l’effet escompté, bien au contraire. De manière intéressante, et comme le relevaient très justement Drs Eydoux et Freytel dans un article des Economistes Atterrés (ce lien-ci et plus récemment cet autre article) ces politiques n’ont non seulement pas permis la création d’emploi, mais on de surcroît renforcé la précarité. Comme le notent ces deux chercheuses, les politiques entreprises sont allées à rebours de toutes celles qui ont été implémentées à l’après-guerre, et qui renforçaient protection sociale, droits des travailleurs et avaient assuré l’emploi.

Une marotte des économistes néo-libéraux qui semblent être de bonne compagnie à l’heure actuelle est qu’il existe une relation entre le niveau de législation protectrice et le taux de chômage. Ce que l’on entend encore à présent, jusque dans nos rangs, se résume en effet à cela : « la loi empêche les emplois, détricoter ces protections en créerait de nouveaux. » Le rapport Perspectives de l’Emploi de l’OCDE, publié en 2004, bien que vantant « l’amélioration des indicateurs de protection de l’emploi » (entendez « la diminution de cette protection ») n’a pu conclure quant au caractère bénéfique de ces déréglementations. Il y a, comme nous le rappellent ces deux chercheuses, une somme astronomique d’autres critères à prendre en compte.

 

Cette flexibilité externe (jouer sur les niveaux d’embauche et de licenciement) a prouvé n’avoir que très peu d’impact sur la croissance allemande. La flexibilité interne (formation des salariés, valorisation des savoir-faire, réduction du temps de travail…) est un bien meilleur moyen de relancer l’activité économique. L’Allemagne a, ainsi, évité une forte montée du chômage en 2008 tout en gardant une main-d’œuvre qualifiée pour participer à la relance. (Lehndorff N., ed. (2015), Divisive integration. The triumph of failed ideas in Europe – revisited, ETUI, Bruxelles) Inversement, la politique italienne de liberalisation du marché du travail a poussé les entreprises à réduire leurs investissements, ce qui a résulté à une stagnation de la productivité et une perte de compétitivité. (source)

Nous le voyons donc poindre très justement, déjà, ces prétextes de « simplification » et « modernisation » sont fallacieux : il ne s’agit en effet que de mots à fort impact pour marquer les esprits et faire gober une idéologie vieillissante : celle selon laquelle l’auto-régulation fonctionnerait. Les faits s’opposent aux effets annoncés.

Un certain Albert E., physicien de son état, avait prononcé, il y a de cela quelques décennies, la phrase suivante : « La folie, c’est de répéter la même chose encore et encore et de s’attendre à un résultat différent. » Malheureusement, l’on ne combat pas une croyance irrationnelle par un discours argumenté et factuel.

Le pragmatisme, camarades, ce n’est pas d’affirmer qu’il n’existe qu’une seule et unique voie, celle qui a toujours échoué. Il y a soixante ans de cela, nous riions (enfin, celles et ceux qui, contrairement à moi-même, étaient nés), de la logique soviétique qui affirmait « si le soviétisme n’a pas fonctionné, c’est que nous ne sommes pas allés assez loin dans son application. » La logique actuelle est la même avec les tenants du capitalisme libéral. Le pragmatisme, selon James et Dewey, mais même pour Peirce, revient simplement à déterminer la « vérité » par l’expérience. (anti-cartésienne, donc) Qu’observons-nous à présent ? Le refus des conclusions de 30 ans d’expérience. Un esprit anti-pragmatique, donc, porté haut et fort par les néo-libéraux.

(Pardon pour la parenthèse épistémologique, elle était nécessaire.)

Ayons donc l’obligeance de ne pas avoir accès à de jolis sophismes en affirmant haut et fort que cette loi est pragmatique et ancrée dans le réel (effet paillasson) car elle n’est qu’idéologique et déconnectée de la réalité, comme démontré plus haut. Je vous renvoie évidemment aux différents textes cités, plus complets que mon court exposé.

 

Pour ce qui est de la « simplification » attendue du Code du Travail que promet cette loi, nous voyons là encore qu’il s’agit d’un mensonge éhonté (quoiqu’assurément très amusant !) : le GR-PACT (Groupe de recherche Pour un autre code du travail), composé d’une dizaine de chercheurs universitaires, affirme : « C’est l’un des champs les plus complexes et volumineux du droit du travail. La législation actuelle en la matière pèse environ 151 000 caractères soit une centaine de pages et le projet El Khomri n’y change rien puisqu’il a enflé de 27 % » (source) Il est donc amusant de parler de simplification lorsque l’on rend un texte qualifié de dense encore plus complexe. Douce ironie…

Il est de surcroît intéressant de constater les contre-vérités que l’on nous assène systématiquement. Pour justifier cette loi, l’on prétexte ainsi qu’il est difficile de créer de l’emploi en temps que patron de TPE et PME. Si cette dernière proposition est possiblement vraie (là n’est pas le débat à l’heure actuelle), le texte proposé ne vient en aucun cas en aide à ces derniers. Une étude commandée par les fédérations patronales UPA et UNAPL a ainsi montré, le 13 mars dernier, que 85% des personnes sondées (artisans, commerçant et professions libérales) ne se sentaient pas concernées par cette loi. (source) Le président de l’UNAPL a de surcroît considéré que « c’est une loi MEDEF. » Son jugement est, me semble-t-il, sans appel…

Sous couvert, donc, de pragmatisme et modernité, mots marquant mais creux et mensongers, (comme explicité ci-dessus, il faut suivre, un peu !), l’idée est de détricoter la loi au profit de la négociation collective, dont on nous dit le plus grand bien. Jean-Denis Combrexelle, président de la section sociale du Conseil d’Etat, a donc été chargé par le Premier Ministre de conduire une réflexion sur « la place des accords collectifs en droit du travail et la construction des normes sociales. » Il remit son rapport le 9 septembre 2015 dans lequel l’on peut trouver la perle suivante : « La négociation collective n’est plus adaptée aux exigences d’une économie moderne et mondialisée, les acteurs sont fatigués et dépassés, les résultats sont décevants, bref la négociation collective ne permet pas d’obtenir des résultats conformes à l’intérêt général. » (source : J.-D. Combrexelle, La Négociation collective, le travail et l’emploi, rapport au Premier ministre, France Stratégie, septembre 2015, p. 49) Ainsi donc, une fois de plus, la volonté de pragmatisme et de réalité est contredite par les faits ainsi présentés. Pis, encore, cette méthode est analysée comme allant à l’encontre de l’intérêt général. La politique, cependant, me semble d’être de favoriser ce qui abonde dans le sens de cet intérêt général. Je dois me fourvoyer, très certainement.

Enfin, et cela est, à mon sens, flagrant, mettre en opposition la flexibilité interne (présentée plus haut, comme réduction du temps de travail, formation des employés, etc.) et reconquête industrielle est somme toute assez malhonnête. Cette flexibilité interne a pour but, très justement, la reconquête industrielle. Pas uniquement, d’ailleurs, c’est ce qui en fait sa force. Aider les travailleurs permettra d’aider le travail, voilà un peu le slogan que l’on pourrait utiliser. Cependant, mettre en apposée, ainsi ces deux concepts – qui ne sont pas comparables car pas sur le même plan – est dangereux, car il force à faire croire qu’il n’existe qu’une seule voie valable, ce qui est faux.

 

C’est au contraire un renforcement des droits des salariés, car des entreprises innovantes et compétitives ne sont pas envisageables sans des salariés traités comme de véritables humains responsables et autonomes. C’est pourquoi le CDI doit être valorisé et renforcé, car il témoigne de l’investissement des entreprises dans ses salariés, comme celle des salariés dans leur entreprise. Il permet d’élaborer une véritable temporalité du travail, étendue et pérenne. Les emplois dits atypiques doivent être limités à des situations exceptionnelles et fermement encadrés, car seuls des emplois sécurisés permettront à des entreprises d’être innovantes et compétitives.

 

Les solutions existent, et elles sont légions. Pour cela, cependant, il faudrait accepter d’écouter les faits et de renoncer à ses marottes. Cela semble bien difficile.

 

Boule de Grèce

Depuis l’annonce d’un référendum par Tsipras la semaine dernière, les nouveaux chiens de garde se sont jetés sur l’annonce pour, chacun, y aller de son coup de poignard dans l’un des seuls personnages politiques européens encore de gauche.
Parmi eux, des camarades.
Socialistes.
Donc, a priori, de gauche.
Greece is Europe

La Grèce est l’Europe

On a la chance d’être confrontés à un nombre de faussetés incommensurables sur le système de retraites grec, notamment comme quoi l’âge serait de 50 ans. En cherchant un peu, l’on voit qu’il n’en est rien, et que cet âge est d’ailleurs même plus élevé qu’en France… (on peut le voir ici pour les hommes et là pour les femmes)
Ce n’est qu’un exemple.
De même, il est surprenant de constater que Tsipras est responsable de toutes les calamités qui touchent la Grèce. C’est oublier 40 ans de partis conservateurs qui ont su truquer leurs comptes en suivant les conseils de Goldman-Sachs et ce avec la bénédiction du FMI.
Tsipras – cet inconscient ! – avait requis trois petits points auprès de ses créanciers :
  • préserver les retraites et les salaires des plus démunis,
  • effectuer une réforme de la fiscalité permettant de concentrer l’effort sur les plus riches – Eglises et multinationales qui n’avaient jamais été inquiétés,
  • enfin revoir le poids de la dette à la baisse, histoire de pouvoir repartir.
Tout cela a été refusé par nos néo-conservateurs qui nous gouvernent. (ils viennent de le prouver – le document de Tsipras est trouvalbe sur le site de l’UE, il date du 22 juin 2015) Bref, cette « imposture » qu’est Tsipras – pour citer un texte imbécile signé Jean-Marie Colombani que, par respect pour nos quelques lecteurs, nous ne lieront pas ici – voulait renforcer les mesures contre l’évasion fiscale et la corruption… et nos élites ont refusé.
Il est sidérant de voir Juncker pleurer de chaudes larmes de crocodile, lui qui fut Premier Ministre d’un paradis fiscal, à l’annonce d’un référendum. Pour mémoire, un référendum sur le remboursement de la dette à ses créanciers a au moins un antécédent : l’Islande (oui, oui, les conditions étaient légèrement différentes, notamment en terme de « dissimulation de comptes publics » qui est le gros du problème grec, mais la conséquence est identique – on peut en discuter plus longuement, c’est un parallèle).
Le problème, là-dedans, est que non seulement la population grecque va perdre, quelle que soit l’issue du scrutin (dans un cas moins qu’un autre) mais toute la population européenne va souffrir de la stupidité avide des conservateurs. L’on pouvait s’en faire une idée il y a quelques années déjà lorsque l’on apprenait que les politiques menées dans des pays voisins étaient une forme d’inanité profonde.
A l’international, que se passe-t-il ?

Il est amusant de voir comment StiglitzKrugman et aussi Piketty ont des conclusions qui diffèrent de la doxa tonitruante que l’on entend et lit à chaque détour de page ou commentaire médiatique. Il est effarant de voir que notre gouvernement, pourtant « inspiré », l’on s’en souvient, en 2012, par ces mêmes maîtres à penser, n’a su, par l’intermédiaire de notre cher (très cher) ministre Michel Sapin reconnaître la position historique qu’il aurait pu prendre. Blague à part, notre cher Michel a même menti, incapable de prendre ses responsabilités, en arguant que « c’est pas not’faute, c’est celle de ces salopiauds d’Argentins, ohlàlà » (la citation a été quelque peu adaptée). Manque de chance, il s’agissait d’enfantillages mensongers.

Serait-ce le signe que, petit à petit, nous acceptons notre propre défaite et acceptons que la construction Européenne puisse être détruite par les néo-conservateurs ?

Refuser de voir que nous ne cessons de nous tirer des balles dans les pieds en suivant bêtement une ligne néo-libérale n’est pas uniquement destructeur pour nous – cela serait une juste punition – mais aussi pour nos voisins.
C’est effarant d’être à ce point aveugle.

 

Pourquoi ce sera la B

En ces temps de déchirement interne au Parti Socialiste, au moment même où notre Grand, Cher et Bien-Aimé Premier s’amuse, une fois de plus, à tenter d’écraser ceux qui s’opposent à lui en leur faisant un procès d’intention, prétendant ainsi que quiconque ose critiquer l’orientation du gouvernement est incapable d’accepter la démocratie interne du Parti (vous voyez bien le subtile sophisme ?), en ces temps, donc, où tout militant relit les traités de Nostradamus afin de savoir quels astres suivre pour être élu à sa Fédé, être en 30e position sur les listes des futures régionales ou avoir sa photo avec le/la candidat-e de 2017, en ces temps de désordre interne et de lutte fratricide s’annonce, lointain, le but ultime de ces mesquines manœuvres : le Congrès de Poitiers.

Plusieurs motions ont été présentées, une seule sera mise en branle (clin d’œil aux strauss-kahniens, classe comme le Carlton), cela s’appelle la démocratie interne. Jusqu’ici, rien de bien palpitant, lecteur intrépide et lectrice téméraire. Dans cette lutte fratricide (on ne dit hélas pas « camaradicide ») qui se joue, il faut donc arriver à faire le tri entre ce qui a du sens et ce qui n’en a guère.

congres-de-poitiers

Vos chers et dévoués (quoique peu rapides et, ces derniers temps, peu productifs) auteurs de Sakharoz soutiennent de tout leur coeur – mais aussi et surtout de tout leur esprit, la Motion B.

 

Pourquoi ?

 

  • Parce que nous sommes fortement épris de notre héritage culturel et idéologique, que nos références sont de Gouges, Proudhon, Blum et Jaurès, et considérons que nous devons nous appuyer sur ces dernières pour pouvoir progresser. Parce que nous avons remarqué un revirement violent depuis 2012, des compromissions inadmissibles pour un gouvernement socialiste et que nous considérons que la seule voie encore non employée passe par un socialisme pugnace et fier de ses couleurs. Nous refusons le sordide « Il n’y a pas d’alternative à gauche » scandé depuis près d’un an par notre Premier Ministre, dont on est en droit de questionner l’engagement au PS, faisant écho à l’odieux TINA de Margareth Thatcher. Si les mots on un sens, le dérapage sémantique a entraîné un virage idéologique inquiétant.
  • Plus encore, outre des questions idéologiques, nous considérons que les déclarations d’amour aux entreprises, sorties aussi nulles qu’imbéciles en politique – depuis quand la politique est-elle affaire de sentiments ? – ne peuvent se faire sans un contrepoids efficace. C’est pourquoi le CICE et le CIR (critiqué récemment, mais reprenant d’anciens articles et analyses) doivent être recentrés, qu’il faut arrêter de dépenser de l’argent dans ce qui est – appelons un chat un chat – une niche fiscale.
  • Parce que, aussi, nous pensons que la finance n’a pas à être centrale ni omnipotente et que nous avons un devoir citoyen à l’encadrer et à la réguler. Parce que, en réalité, nous avons été déçus, choqués et bafoués lorsque nous avons compris que la réforme fiscale du candidat Hollande de 2012 ne verrait jamais le jour, au grand dam d’un Piketty.
  • Parce que nous aimons l’Europe et voulons la renforcer. Parce que nous n’avons pas apprécié la signature du traité de stabilité, parce que nous vouloons une Europe sociale, parce que nous voulons cesser avec le racket que l’on impose aux pays du Sud de l’Europe à travers le bel euphémisme « d’austérité ».
  • Parce que l’écologie n’est pas qu’un mot qui doit ponctuer les phrases mais un véritable choix de société, et qu’écologie, nous le savons depuis un certain Karl, est inhérente au socialisme, quoique depuis trop longtemps oubliée.
  • Parce que l’égalité entre citoyen-ne-s passe par l’éducation, une éducation qui permette à tout un chacun d’avoir les mêmes chances, par un accès égal à la protection sociale, bien mise à mal. Par une meilleure redistribution des richesses, et plus uniquement prêter aux mieux pourvus. Une société pérenne est une société solidaire.

 

 

Nous ne choisissons pas la Motion D car trop fourre-tout et trop « boîte à outils », et nous préférons des engagements clairs afin d’avoir un objectif précis. De même, la Motion C, quoique présentant des idées intéressantes envers l’écologie, ne nous semble qu’un ensemble de rustines à appliquer sur un vieux pneu éclaté. Soyons honnêtes.

 

Qu’en est-il de la Motion A ? Quiconque l’a lue aura pu remarquer que, suite à l’incompréhensible adhésion de Martine Aubry à celle-ci, le ton est similaire à la motion B. Ce serait une erreur que le croire. La Motion A est la motion de l’hypocrisie et du mensonge, affirmant un texte ouvertement progressiste signé par un gouvernement ayant prouvé sa capacité à se contredire. Un concentré de tartuferie et de fourberie.

 

  • Comment croire une Motion qui prétend « Nous sommes opposés à une nouvelle extension du travail du dimanche » tout en étant signée par un gouvernement ayant oeuvré en ce sens ? Christian Eckert a ainsi été incapable de justifier ce grand écart, dû à la loi Macron.
  • Comment croire une Motion qui annonce « L’encadrement des loyers doit être mis en place pleinement » alors que cette disposition présente dans la loi ALUR de Cécile Duflot a été supprimée par le gouvernement Valls, signataire de la Motion A ?
  •  Comment croire une Motion qui veut « Accroître le pouvoir d’achat et œuvrer pour la justice sociale » alors que la valeur du point dans la fonction publique est resté gelé ? Qu’à part les 6,45 € de « coup de pouce » au SMIC en 2012, aucune augmentation n’a été faite ? Que, malgré la campagne des Présidentielles, la durée de cotisation pour la retraite a été allongée de 6 semestres ?
  • Comment croire une Motion qui a le toupet d’affirmer vouloir remettre « La fiscalité au service de la croissance et de la justice : nous croyons à l’impôt progressif et redistributif » alors que ses signataires, notamment ministres, ont fait partie de ceux qui ont voté l’augmentation de la TVA, pourtant qualifiée par notre Parti comme injuste ? Comment croire cela lorsque, de plus, la demi-part pour veuvage a été supprimée ? En augmentant les impôts des classes moyennes, tout en développant un nombre épatant de niches fiscales à travers « pacte de responsabilités » et « pacte de compétitivité », cadeau de plus de 40 milliards d’euros aux grands groupes, déjà choyés ?
  • Comment croire un Motion qui affirme « Remettre la finance à sa place ! » alors que la loi bancaire n’a pas touché à la banque universelle, qui continue de faire courir les mêmes risques qu’en 2007 ? Et que la très vantée réforme fiscale n’a pas eu lieu ?
  • Comment croire une Motion qui assure que « La réindustrialisation de la France est un objectif fondamental pour les socialistes » alors qu’aucune nationalisation provisoire, comme annoncée un temps par Arnaud Montebourg, n’a été effectuée ? Ajoutons que le gouvernement, qui soutient cette motion, compte un certain ministre de l’économie ayant déclaré que « [son] job n'[était] pas de préserver les emplois existants ».
  • Comment croire une Motion qui présente que « Dans l’entreprise, les salariés, pour être respectés, doivent avoir des droits » alors que, parallèlement, elle s’inscrit dans une démarche de pilier du gouvernement, dont une loi en cours fragilise le Code du Travail ?
  • Enfin, comment croire une Motion qui déclare vouloir « Renforcer le droit d’initiative et de contrôle du Parlement » tout en défendant l’usage du 49.3 ?

 

La Motion A, dans son texte, est impeccable, soyons d’accord. Hélas, il nous faut parodier Rabelais et expliciter que texte sans contexte n’est que ruine de l’âme. Or nous l’avons vu, le grand écart effectué entre les actions passées et en cours des signataires de cette motion dite « de rassemblement » – ignorant superbement le fait que TOUTE motion cherche à rassembler après elle, avec un dédain et un mépris grossier envers toute idée différente – ainsi que les actes du gouvernement qu’elle déclare soutenir, est aussi épatant que le grand écart réputé d’un certain acteur belge.

 

Camarades, le congrès est clair. Pour nous, afin de faire avancer le socialisme et de permettre non seulement à notre pays mais aussi et surtout à l’Europe de progresser, seule la Motion B est viable.

« Commençons par le rêve »

Tribune constructive de la jeune génération pour un socialisme juste et efficace.

Par Faustine BALMELLE-DELAUZUN (Lille), Paul BONMARTIN (Paris), Pierre-Marie CHEVREUX (Lyon) et Laurent MATHEY (Français à l’étranger, Japon).


 

NOTRE VISION DU SOCIALISME: L’UNITÉ ET NOS VALEURS PRÉSERVÉES

Nous sommes socialistes, tou.te.s engagé.e.s depuis de nombreuses années au sein du PS. Nous avons soutenu Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, François Hollande ou Martine Aubry aux primaires de 2011. Nous avons tou.te.s mené campagne en 2012 afin de participer à la victoire de la gauche et de François Hollande.

Nous n’avons pas peur de le dire: être socialiste aujourd’hui, c’est être dans la lignée de Jean Jaurès, de Léon Blum, de François Mitterrand et de Lionel Jospin, c’est être ancré.e dans le présent sans oublier notre histoire, c’est – à travers la gauche – dialoguer avec toute la société pour la mettre en mouvement.

Cette tribune, intitulée «Commençons par le rêve» fait écho au discours du Bourget de François Hollande, alors candidat, qui nous promettait ce qui allait être pour nous un véritable changement, aussi bien social qu’humain, aussi bien individuel que collectif. Cette idée est celle qui a sous-tendu notre discours depuis lors.

Nous nous sommes battus pour que la gauche l’emporte en 2012, après 10 ans de droite, de casse sociale, de division des Français. Nous avions besoin de la gauche. Nous ne regrettons pas notre engagement car il était impensable de subir à nouveau un gouvernement d’une avidité, d’une hypocrisie et d’un manque d’éthique aussi flagrants que ceux qui caractérisaient le pouvoir sarkoziste.

Nous avons soutenu pleinement les 60 engagements proposés par le candidat François Hollande. Investi.e.s de ces idées, nous réclamons aujourd’hui un changement de cap politique au gouvernement car il n’existe pas qu’une seule politique possible. Conscient.e.s que le contexte,budgétaire notamment, est plus contraint que ce que nous pensions avant la victoire, nous ne nous résignons pas pour autant à appliquer des solutions que nous combattions et qui ont administré la preuve de leur inefficacité et de leur injustice. L’Histoire nous l’a prouvé, le tristement célèbre «TINA» (There is no alternative) de Margaret Thatcher est une aberration sans nom.

Nous souhaitons dire haut et fort que nous ne nous résignons pas à tomber dans la morosité qui est dans l’air du temps, ni à être dans le «Hollande bashing», ni à adopter un présidentialisme daté. Nous avons toujours pensé qu’une politique socialiste du XXIeme siècle s’appuie sur quatre piliers: une société solidaire comme horizon, la justice sociale comme boussole, une remise à plat du système fiscal actuel et le redressement de l’économie comme moyens.

LA GAUCHE AVANCE DEPUIS 2012

Tout d’abord, nous félicitons pleinement un certain nombre de réformes positives et progressistes. Exemple en est de l’éducation, inséparable d’une véritable politique de gauche visant à défaire les inégalités entre citoyens dès le plus jeune âge. Le gouvernement a donné à la République une formation pour ses professeurs et plus de moyens. La réforme des rythmes scolaires permet de respecter le rythme de l’enfant et de l’ouvrir à la culture, aux langues, au sport et à d’autant de moyens d’émancipation possibles.

Nous constatons les mêmes efforts dans les politiques de sécurité et de justice avec, notamment, la loi dite «Loi Taubira» permettant une réinsertion active du condamné dans la société.

Le gouvernement a donné aux travailleurs la possibilité de bénéficier d’un compte pénibilité, il a également sauvé des milliers d’entreprises avec la mise en place des Commissaires du Redressement Productif permettant de sauver 85% des emplois menacés.

Sur le compte pénibilité, nous devons rester inflexible face au chantage scandaleux du MEDEF qui ne souhaite pas le dialogue social mais l’imposition de son opinion partisane et néolibérale.

Le gouvernement a également réaffirmé son attachement à l’égalité, sans distinction de sexe, de genre ou d’orientation, en instaurant le mariage et l’adoption pour tous.

Nous sommes fiers/fières de la politique menée en matière de santé, d’égalité femmes-hommes et de transition énergétique. Nous avons adopté les lois les plus ambitieuses jamais édictées dans ces deux derniers domaines.

La France a retrouvé, enfin, sa place sur la scène internationale au Mali, en Centrafrique, en Irak où nous soutenons la lutte contre l’obscurantisme barbare, remettant ainsi au cœur de la politique française l’universalisme du triptyque républicain: Liberté, Égalité, Fraternité.

UNE CRITIQUE CONSTRUCTIVE ET NÉCESSAIRE A MI-MANDAT

Nous ne pouvons que le constater: à mi-mandat, tous les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous. Le chômage continue d’augmenter, les jeunes sont toujours touché.e.s de plein fouet par la précarité, la misère sociale et environnementale continue de toucher un grand nombre de nos concitoyens, la croissance ne revient pas et les logiciels de politique économique sont dépassés.

En effet, le gouvernement utilise des outils mal ciblés comme le CICE. S’il n’est pas un mauvais dispositif en soi, il mériterait d’être davantage positionné sur les PME et les entreprises innovantes soumises à la concurrence internationale. Peu lisible et peu clair, ce dispositif a suscité de vives critiques dès sa mise en application.

Nous exigeons avec force que des contreparties soient négociées et imposées au patronat en échange du CICE et du pacte de responsabilité. Les entreprises qui ne maintiennent ou ne créent pas d’emplois, celles qui n’investissent pas ne devraient pas recevoir gratuitement le soutien de la Nation. De même un des engagements majeurs de 2012, la grande réforme fiscale n’a toujours pas été mis en oeuvre, malgré les annonces et les promesses de campagne, au nom d’un soi-disant  «pragmatisme». Loin d’être irresponsable, cette réforme est soutenue par un économiste aussi sérieux que Thomas Piketty. Elle est juste, efficace, donc nécessaire pour dégager des marges de manœuvres politiques. Nous sommes passés à côté d’un choc positif économique et fiscal. «La religion de la croissance» est aujourd’hui une croyance hasardeuse sinon dangereuse.

Nous réaffirmons que seul un nouveau logiciel social-écologiste correspond à la réalité nouvelle des cycles de croissance et à celles des ressources naturelles. Nous constatons que la récente Loi de Transition Énergétique pour la croissance verte semble aller résolument dans le bon sens.

DES PROPOSITIONS: POUR UN SOCIALISME QUI RETROUVE LE CHEMIN DE
L’AVENIR:

Nous souhaitons ainsi apporter des propositions pour demeurer dans l’esprit constructif qui a motivé cette tribune. Ces propositions nous semblent des perspectives solides pour la gauche et la France. En effet, la gauche ne mourra que si elle met de côté ses valeurs. Point de passéisme ici, au contraire, nous portons un regard aiguisé sur la conjoncture, par le biais de nos idéaux.

Nous pensons donc que le réformisme consiste à améliorer le sort des gens, à avancer dans l’égalité réelle, à construire une société qui soit plus juste pour tout un chacun.

D’aucuns nous traiterons d’idéologues ou de doux rêveurs, nous y voyons une sortie de la morosité, de l’écrasement des masses, pour aller vers l’émancipation humaine. La modernité, ce n’est pas abdiquer ses valeurs comme certain.e.s camarades semblent le suggérer en voyant dans le Parti Socialiste le passé, c’est actualiser ces valeurs pour les appliquer dans un contexte changé. La gauche ne se passe pas de la justice.

Personne n’a le monopole de la réforme, nous disons même que cela suffit de galvauder ce noble mot! Comme le dit lui-même François Hollande: «il ne s’agit pas de réformer pour réformer». Il faut effectivement réformer juste et bien. Voilà la difficile tâche à laquelle nous somme aujourd’hui confrontés. Mettons fin à la vacuité des éléments de langage et mettons nous au travail pour tenir nos promesses.

Nous proposons alors:

– La tenue de Primaires citoyennes de la Gauche en 2016 afin de choisir le ou la meilleur.e candidat.e pour les élections présidentielles de 2017;

-Dialoguer véritablement avec la gauche républicaine d’ici 2017 dans l’optique d’un contrat de gouvernement pour 2017-2022 entre toutes les forces républicaines de la Gauche;

– L’engagement d’une réforme fiscale juste et progressive inspirée des travaux de Thomas Piketty, à l’issue de la prochaine élection présidentielle de 2017 car nous sommes bien conscient.e.s qu’on ne change pas trois fois en 5 ans de mandat de « règle du jeu fiscale globale »;

– La tenue d’un débat sur la VIème République et la démocratie participative afin de mettre fin à un régime qui dévie de plus en plus vers un monarchisme électif;

– Le respect immédiat des 60 engagements;

– La mise en place de mesures pour les jeunes (comme l’allocation d’études) promises par François Hollande;

– De donner une nouvelle orientation au Parti Socialiste afin qu’il représente vraiment les classes populaires et moyennes, peuple qui souffre aujourd’hui, avec la mise en place d’un congrès avant 2016, laissant aux militants le choix de l’orientation du Parti.

Parce qu’on peut échouer en politique, mais pas sans avoir tout essayé, mobilisé toutes nos forces, nous pensons que nous pouvons encore réussir ce quinquennat. Nous affirmons aussi que l’honneur en politique est de ne pas renier ses valeurs, même dans l’adversité: compromis n’est pas compromission; c’est le sens de cette tribune.

Retrouvez notre tribune en format PDF ici: Commençons par le rêve

La défaite idéologique

C’est une évidence depuis longtemps : la « Gauche » a perdu la bataille idéologique.

En renonçant à des valeurs inhérentes à ce que la gauche a toujours présenté, en refusant d’accepter la part de son histoire, en se perdant dans le jeu du « pragmatisme« , fabuleux qualificatif à tiroirs qui permet de dire tout et son contraire. Et souvent son contraire.

Fin !

Fin !

 

La Gauche a perdu la bataille idéologique en ayant accepté non seulement le vocabulaire mais aussi et surtout les connotations attribuées à ce dernier par la « Droite ». Notons les guillemets, car évidemment toute la gauche française n’est pas le PS, déjà parcouru de différentes sensibilités, et toute la droite française n’est pas représentée par l’UMP, elle-même motivée de nombreux courants. En ce qui concerne la gauche plus radicale, l’on retiendra ceci : si l’idéologie est encore très présente, cette faction politique est justement (et malheureusement) fortement inaudible. (lire ce qui suit pour avoir une idée) De manière intéressante, cela semble aussi être le cas dans des pays voisins (pensons UK, pensons Allemagne, pensons Espagne, pensons Italie, pensons…)

L’on peut se demander d’où cela vient. Pourquoi avoir accepté ce qui, au final, était des idéologèmes propres à un discours assez brutal, violent et surtout fortement déconnecté de la réalité des idéaux de gauche ? La réponse la plus immédiate, peut-être, peut se trouver dans une confrontation simple, sinon simpliste, des forces conservatrices et progressistes, chacune prise dans un sens somme toute assez large. L’on ne saurait que penser à Alynski qui préconisait en son temps de combattre l’ennemi avec ses propres armes (règle 4, un peu modifiée, j’en conviens). Ainsi, afin de contrer un discours simpliste et agressif [1] l’on a eu recours, nous aussi, à ces mêmes termes. Ainsi, afin de mieux répondre aux attaques de la Droite, qui, il faut l’avouer, excelle en agression(s) de tous genres, l’on ne prend plus le temps de démonter l’argumentaire. [2] Il faut répondre par une réaction, à chaud. Exemple concret : Vous me traitez d’idéologue ? Non, je suis « pragmatique« , « réaliste », « plein de bon sens« , comme si le bon sens signifiait quelque chose de tangible [3]. Vous me traitez d’angélisme ? Que nenni, je suis « sévère« , « strict » mais toujours « emprunt de justice« .

Je vous entends, charmantes lectrices et fervents lecteurs, il serait plus constructif de pointer que toute faction politique est idéologue, le pragmatisme ne venant que de la façon d’appliquer son idéologie en fonction de la conjoncture à un moment donné. L’idéologie fixe un cap. Le pragmatisme (philosophiquement, mais cela ne change rien à l’acception actuelle) n’est rien de plus qu’une pensée à tendance empirique. En cela, on ébauche une hypothèse, on vérifie selon les données factuelles et on corrige le tir. De manière amusante, ceux qui se disent « pragmatiques » (à savoir les ultra-libéraux – pour ne pas dire capitalistes, ce mot étant tombé en désuétude en même temps que le Mur) ont démontré une flagrante inadéquation entre la réalité, l’application de leurs propositions et leurs ébauches de théorie. Je vous invite à relire quelques-uns des exemples donnés plus haut.

Cela provient de choses assez évidentes. D’un côté, le temps actuel est beaucoup plus court, il faut réagir dans l’instant : ère télévisuelle, mais aussi et surtout informatique, notamment avec les instantanés tels Twitter. De fait, il faut être marquant, utiliser des expressions violentes (« psychose« , « kärcher« , « peur« ) pour se faire entendre. Cela, déjà, est vieux. Bref, nous reculons sur le terrain idéologique simplement par paresse intellectuelle, par facilité envers des médias trop gourmands de scoops mais aussi et surtout par clientélisme envers une population avide de divertissement (même politique !) plutôt que de réflexion calme, posée et raisonnée. Ourobouros, le serpent qui se mord la queue.
De manière très intéressante, l’on peut ainsi remonter plus loin et se rendre compte que la Gauche ne pouvait que perdre, car les dés sont pipés dès le départ. Le monde actuel étant malheureusement fondé sur un besoin de vendre continuellement (voire de se vendre) il était évident que le divertissement prendrait le pas sur le débat et la raison. (pour un développement plus exhaustif, se référer à Neil Postman sur le sujet) Ainsi, la Gauche se voit obligée d’entrer dans un jeu dont elle dénonçait les règles, pour espérer elle-même survivre. Et de faire continuellement des changements symptomatiques – changement de « style », changement de vocabulaire – entraînant un véritable changement systémique, détruisant peu à peu les fondements d’une idéologie. A croire que, finalement, l’hypothèse de Sapir-Whorf se soit véritablement révélée exacte. Ainsi, à trop parler comme nos opposants, nous sommes devenus nos opposants. L’influence s’est révélée.

 

Quelle n’est donc pas la surprise d’entendre notre Cher Premier employer toute la violence du discours que tient, depuis un temps, l’aréopage de l’UMP (pour ne citer qu’eux, je ne ferais pas plaisir aux cracheurs de feu de parler de leur flammèche) à propos, au hasard, des Rroms, reprenant le cliché de la non-compréhension du monde actuel, de l’ancrage bête et forcené dans son idéologie, du refu, en fait, de voir le monde tel qu’il est. Avilissez vos opposants en les montrant comme puérils et immatures et la victoire est vôtre. Manuel Valls vient de révéler son vrai visage, celui de l’échec. Refusant ce dont il vient, niant sa famille politique même (complexe œdipien tardif, sait-on jamais !) le voilà tendant les bras à une faction politique, le Modem, qui, quoiqu’honorable, ne défend pas les idéaux socialo-communistes. Symbolisant cette défaite, il semble ainsi l’incarner et vouloir la porter au pinacle. Une sorte de Gaius Cassius Longinus des temps modernes, quoique, osons-le le noter, ce dernier avait beaucoup plus de panache. Voyons-le plutôt comme Anténor, qui fait entrer le cheval chez Priam.[4]

Domenico Tiepolo - Procession du cheval de Troie

Domenico Tiepolo – Procession du cheval de Troie

Notons uns chose simple. Cette idée de pragmatisme présentée comme « moderne » est une stupidité sans nom. La Critique du Programme de Gotha précisait, déjà, que l’idéologie socialo-communiste ne vivait que de temps présent et par conséquent devait sans cesse évaluer les mesures à prendre pour mieux coller à l’idéologie, à savoir la direction dans laquelle l’on désirait aller, l’avenir que l’on souhaiterait créer.

Mais notre Premier semble l’ignorer.

 

Fermons la parenthèse. Comment combattre cette défaite ? Comment la repousser, la refuser alors qu’elle est, en ce jour, institutionnalisée ?
La solution est simple. Refuser en bloc d’entrer dans le jeu. Quitte à perdre des élections en ayant refusé d’entrer dans la désormais incontournable campagne « de personnalité » (« vous voyez, je suis trop sympa et j’aime les caramels » et autres conneries débonnaires) pour se concentrer sur le fond. Lorsque, étant systématiquement sur le banc de touche, les électeurs s’apercevront que les joueurs qu’ils ont nommés sont incapables, alors, seulement, l’on pourra reconstruire. Certes, l’on sera certainement passé en 2e division entre temps.
Un pire pour un mieux, l’on ne construit pas un édifice durable en deux coups de cuiller à pot.

 

Il y a du boulot !

 

[1] Notons par exemple des tournures comme « privilégiés » pour parler de personnes démunies, de « profiteurs » pour une population entière de personnes bénéficiant d’aides, de « bouclier fiscal » qui laisse entendre une défense légitime, « identité nationale » dont le caractère oxymorique est presque amusant, « pragmatique » employé à contre-sens et dépecé de son aspect philosophique, etc. etc. Il y a de quoi faire ! Un dernier exemple qui hérisse toutes les fibres capillaires de mon petit corps reste tout de même « Realpolitik » qui ferait se retourner dans sa tombe le grand Bismarck !

[2] Exemple récent de la « Théorie du genre » qui est une connerie idéelle. On pourra revenir dans un autre article sur cette formulation, très critiquable.

[3] Parce que là, en effet, l’on se fourvoie violemment dans l’argumentum ad populum !!

[4] Si vous n’aimez pas la mythologie, tant pis pour vous. Dans tous les cas, MV précédemment nommé s’est installé comme une gangrène et tente désespérément de détruire l’édifice socialiste de l’intérieur…