FOCUS SUR: La révolte des parapluies

Non, je ne vais pas vous parler d’un comédie musicale un peu dépassée se déroulant à Cherbourg dans les 60’s, ni de la météo qu’il fait à Lille (grand soleil ceci dit).
Non, je ne vais pas vous parler d’un de mes films préférés de par Stanley Donen avec le beau, le très très beau, le magnifique Gene Kelly chantant sous la pluie des airs intemporels.
Non.

Lecteurs, je sais que vous suivez l’actualité internationale avec la plus grande attention. En bons élèves, vous savez que je veux vous parler de la France de Hong Kong. Ce petit grain de sucre perdu dans l’océan asiatique est plus connu auprès des profanes pour avoir une sonorité proche de celle d’un gorille célèbre que pour sa tradition révolutionnaire. Et pourtant… Depuis quelques jours, la révolte y gronde.

Hong Kong, c’est kouwa ?               
Pour répondre à cette question, Wikipedia est ton ami. Essayons nous tout de même à un court résumé.
Hong Kong, ou « Région administrative spéciale de Hong Kong de la République populaire de Chine » pour les intimes, compte plus de sept millions d’habitants. Petite grain de sucre géographique, elle est située ici :

Oui, il faut se rapprocher de l'écran pour mieux voir...

Oui, il faut se rapprocher de l’écran pour mieux voir…

Hong Kong est une ancienne colonie britannique, cédée à la Chine en 1997. Elle obéit depuis au principe « un pays, deux systèmes » (國兩制 pour les bilingues), qui permet à Hong Kong de garder une certaine autonomie par rapport à la Chine : elle possède une monnaie propre, un système politique particulier, des équipes sportives internationales, etc. Ilot capitaliste et libéral dans une Chine communiste, Hong Kong n’obéit pas aux lois nationales chinoises sauf rares exceptions (notamment en termes de défense et de politique extérieure).
Le gouvernement chinois a par ailleurs présenté le suffrage universel comme objectif ultime à atteindre à Hong Kong à l’horizon 2017. Actuellement, le chef du gouvernement hongkongais est élu par un collège de 800 électeurs. 
 
Que se passe-t-il aujourd’hui à Hong Kong?        
C’est justement ce nouveau mode de scrutin qui provoque des remous. S’il promet l’élection au suffrage universel du dirigeant de l’exécutif, cette élection se fera entre deux ou trois candidats uniquement choisis par 1200 grands électeurs et validés par Pékin. Vue comme une régression, c’est contre cette mesure que les manifestants aux parapluies s’insurgent aujourd’hui depuis plusieurs jours. Des dizaines de milliers de personnes ont déjà manifesté dans les rues de Hong Kong pour faire entendre leur voix jusqu’à Pékin, se protégeant avec des parapluies des gaz lacrymogènes (d’où son surnom de Révolution des Parapluies).

source: Europe 1

source: Europe 1

Cette révolte est un véritable séisme pour la Chine qui n’avait pas connu une telle manifestation contre son pouvoir depuis Tiananmen. Une intervention policière directe de sa part semble inenvisageable aujourd’hui: impossible de ternir son image internationale et de se priver de Hong Kong, son joyau économique. Les conséquences économiques d’une intervention pourraient être envisagées par ses partenaires commerciaux en Europe et aux Etats-Unis. Trop de risques donc pour la Chine qui se contente de soutenir le dirigeant hongkongais.  Pékin se voit ici partager entre protéger son pouvoir politique à Hong Kong ou protéger sa force économique dans le monde. Pour l’instant, elle semble choisir la deuxième solution. A voir comment celle-ci réagira aujourd’hui face aux manifestations prévues le 1er octobre (aujourd’hui!) pour le 65e anniversaire de la proclamation de la République Populaire de Chine.

Plus largement, cette révolte pose la question de l’autonomie voire de l’indépendance (notamment politique) des régions de Hong Kong, de Macao ou Taiwan par rapport à la Chine. Et si cette révolte n’était que l’aube d’un mouvement plus étendu contre la main mise chinoise dans certaines de « ses » terres? 

Pour suivre en direct la « Révolutions des Parapluies » (et faire un pied de nez au pouvoir chinois): #UmbrellaRevolution

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